Le participe passé (épisode 3)

Dans ce trosième article de la série consacrée au participe passé, nous allons parler des verbes conjugués avec l'auxiliaire « avoir ».

Cet auxiliaire, dans le cas qui nous intéresse, fait souvent frémir d'hésitation la pluplart d'entre nous. Reconnaissons qu'il a au moins le mérite de nous faire réfléchir...

Dans une construction « classique » (sujet-auxiliaire-verbe), le participe passé reste invariable, il en va de même lorsqu'on ajoute un complément d'objet direct (COD)*.

Exemples : Nous avons mangé. Elles ont dormi. La chorale a chanté vendredi soir. Il ont acheté des gâteaux.

Il faut commencer à se poser des questions quand le COD est placé avant le participe. Dans ce cas, ce dernier s'accorde en genre et en nombre.

Exemples : Les gâteaux qu'ils ont achetés (ils ont acheté quoi ? Les gâteaux). Les histoires que j'ai lues (j'ai lu quoi ? Des histoires).

La plupart du temps, le COD qui précède le participe passé est un pronom : me, te, se, le, la l', nous, vous ou le pronom relatif « que ».

En fait, dès que l'on écrit un de ces pronoms avant l'auxiliaire avoir et le participe passé, on doit réfléchir à l'accord de celui-ci.

Exemples : Tu cherches Claire ? Je l'ai vue ce matin. (J'ai vu qui ce matin ? Claire. Le « l' » remplace ici le prénom Claire. Le COD n'est donc pas Claire, mais le « l' ».)

On vous a longtemps attendus, les garçons ! (On a longtemtps attendu qui ? Les garçons. Ici le COD est « vous » qui remplace « les garçons ».)

Prochainement, nous aborderons les verbes intransitifs, transitifs indirects et impersonnels (n'ayez crainte, vous en connaissez...) utilisés avec l'auxiliaire avoir et le participe passé !

*Petit rappel : Le complément d'objet direct (COD) est un mot ou un groupe de mot qui précise le sens d'un verbe et le suit sans préposition. Exemples : Elle aime la confiture. Tu crois aux fantômes. Ma tante adore les fleurs.

 

 


Le participe passé (2)

Dans un article précédent, nous avons vu que le participe passé utilisé sans auxiliaire s'accorde comme un adjectif, sauf exception, bien entendu.

Nous allons aborder maintenant le cas du participe passé employé avec l'auxiliaire « être ».

Nous ne parlerons pas ici des verbes pronominaux, ni des verbes impersonnels qui, si vous le voulez bien, feront l'objet d'une autre série...

Les verbes conjugués avec l'auxiliaire « être » voient leur participe passé s'accorder en genre et en nombre avec le sujet.

Exemples : Les enfants sont revenus en bus. La neige est tombée pendant la nuit. Les dernières pommes ont été ramassées hier. Il est parti de bonne heure.

Le cas « on »

Avec « on », tout est bon ?

Ce pronom indéfini est, normalement, masculin singulier. Cependant, dans certains cas, « on » s'accorde selon le sens.

Exemples : On est entassés dans les wagons depuis des heures. (Sous-entendu, plusieurs individus.)

On est plus patiente quand on devient grand-mère. (Sous entendu, une femme.)

Les cas « nous » et « vous »

Si, en tant que sujet, « nous » et « vous » désignent qu'une seule et même personne, il faut laisser le participe passé au singulier.

Exemples : Vous êtes concerné en tant que premier abonné du service. (Ici, la tournure permet de personnaliser une offre commerciale par exemple, le féminin pourrait aussi être employé.)

Nous sommes souvent intéressé par nos propres réussites. (Cette construction renvoie le lecteur à lui-même.)

Finalement, l'auxiliaire « être » est de bonne composition !

 

 

 

 

 

 

Quoique ou quoi que ?

Pour orthographier correctement « quoique » ou « quoi que » selon le contexte d'une phrase, voici deux astuces simples.

« Quoique » (en un seul mot) est une conjonction de subordination et l'équivalent de « bien que ». Il suffit en cas de doute de remplacer « quoique » par « bien que ».

Exemple : Quoique la tempête fût moins forte, le vent faisait encore entendre son vacarme infernal. On peut dire : Bien que la tempête fût moins forte, le vent faisait encore entendre son vacarme infernal.


« Quoi que » (en deux mots) est un pronom relatif composé qui équivaut à « quelle que soit la chose que ». Donc, il suffit là encore de remplacer « quoi que » par « quelle que soit la chose que » pour éviter une erreur.

Exemple : Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse. Boileau, auteur de l'exemple cité, aurait pu dire : Quelle que soit la chose que vous écriviez, évitez la bassesse.

N. B. Devant une voyelle, on écrira « quoiqu' » et « quoi qu' ».

Aucune excuse pour ne plus faire de « couac » !

 

Participe passé (1)

Pour parler du participe passé, il faut bien plusieurs étapes, même si, finalement, sa contruction est très « mathématique » ou « logique ».

Dans cette première partie, j'exposerai l'accord du participe passé employé sans auxiliaire.

Employé sans auxiliaire, le participe passé s'accorde en genre et en nombre comme un simple adjectif.

Exemples : Des pages jaunies. Cachés, les enfants virent toute la scène. Profondément endormi, le bébé ne réagit pas. Vite lue, la lettre n'apprend rien de nouveau.

Mais voici que les cas particuliers viennent bousculer un peu cette règle...

Lu, vu et approuvé sont invariables lorsqu'ils sont employés seuls. On les retrouve notamment dans la formule « Lu et approuvé ».

Sont aussi invariables les participes cerfifé, attendu, entendu, excepté, lu, passé, reçu, vu, approuvé... lorsqu'ils sont placés avant le nom.

Exemples : Excepté mon oncle et ma tante, toute ma famille était présente. Passé la fin du bail, vous devrez partir.

Certaines locutions et expressions complètent ces cas particuliers, il s'agit principalement de compris, non compris, étant donné, excepté que...

Exemples : Nous étions une cinquantaine, y compris les filles. Étant donné les circonstances, il partira plus tôt.

Mais si ces participes sont placés après le nom auquel ils se rapportent, ils redeviennent adjectifs et s'accordent.

Exemples : La fin du bail passée, vous devrez partir. Nous étions une cinquantaine, les filles comprises.

 

Formules de politesse

En France, les lettres, courriers, mails... se terminent, en général, par une formule de politesse, plus précisèment une salutation.

Cette salutation peut faire intervenir des... salutations, des sentiments, le respect, la gratitude, la considération...

La salutation peut être dévouée, meilleure, distinguée, respectueuse... mais elle ne s'utilise pas n'importe comment !

En effet, on lit trop souvent « Veuillez agréer, Monsieur (ou Madame), l'expression de mes salutations distinguées ».

On n'exprime pas des salutations, mais des sentiments. On écrira donc, par exemple : Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments respectueux ou Acceptez, Monsieur, l'expression de mon entier dévouement.

Les salutations sont reçues ou agréées par la personne qui reçoit le message et l'on écrit dans ce cas : Veuillez agréer, Madame, mes meilleures salutations.

Les mails peuvent contenir une formule plus simple, comme chez nos amis anglo-saxons : Bien à vous, Cordialement... Il ne faut pas oublier la virgule après ces courtes formules.

Il est même possible de « hiérarchiser » ces formules selon que l'on écrit à un « supérieur », Recevez, Monsieur, mes salutations respectueuses, d'« égal à égal », Je vous prie de croire, Madame, à mes sentiments dévoués.

Ave !